
Le film Todos tus muertos, présenté ce soir en compétition,
est un long métrage colombien de Carlos Moreno diffusé pour la
première fois en France. Deux des acteurs principaux, Jorge
Herrera et John Alex Castillo, nous font l’honneur de
leur présence en ce Jeudi 8 Décembre au Méliès.
Salvador, surnommé «Le loucheur », est un fermier vivant à l’écart du
village avec sa femme et son jeune fils. Lors d’une journée ordinaire, en
coupant l’herbe, il découvre un immense chemin qui aplatit son champ de maïs,
chemin menant à un tas de cadavres empilés « en pyramides ». Suite à cette
découverte, il prend peur, reste muet et décide de se rendre en ville afin de
prévenir les autorités locales. Cependant, ce jour là en Colombie coïncide avec
les élections municipales.
Il finira par amener sur les lieux du massacre le maire et le lieutenant
accompagné par son officier. Ces derniers tenteront d’intimider Salvador et sa
famille afin d’étouffer l’affaire pour éviter le scandale qui nuirait aux
élections. Leur manœuvre est parfois gênée par la présence de la commission des
droits de l’homme dans la région, qui crée une sorte de stress parmi les
personnages impliqués dans cette affaire.
Les acteurs, lors du débat avec les spectateurs, nous apprennent que cette
histoire, aussi surprenante qu’elle puisse paraître, est inspirée de faits
réels. En Colombie, un tas de cadavres fut retrouvé à la frontière de deux
municipalités, les maires se rejetant la responsabilité d’un tel carnage. En
Colombie, la violence existe depuis plus de 60 ans. Ainsi, le film évoque « la
banalisation de cette violence ».
Nous avons été frappés par cette histoire qui semble « surréaliste », car
lorsqu’un tel drame se produit dans notre pays ou dans un autre pays européen
(nous pensons aux meurtres de cet été en Norvège par exemple), il fait la une
de tous les journaux télévisés. Mais en Colombie, le maire et le lieutenant ne
recherchent pas le meurtrier, mais plutôt à se débarrasser des cadavres, à
cacher cette information aux citoyens.
Au final, le film est burlesque, décalé, une forme d’humour noir, car même
si le thème est terrible, le réalisateur voulait divertir le public. Mais Jorge
Herrera nous donne son sentiment en disant qu’il a à chaque fois les larmes aux
yeux, preuve que le sujet le touche profondément par sa gravité. Parler de la
violence en Colombie dans ce film, c’est aussi parler de la violence qui touche
le monde entier, comme le souligne Jorge : « Parler de son village, c’est
parler de l’universel ! »
A la sortie de la salle, nous sommes allés à la rencontre des spectateurs :
« J’ai bien aimé, mais l’intrigue est plutôt simple et toujours au même
endroit. Je n’ai pas été séduit plus que ça. Il y a peu de personnages et je
trouve ça un peu lassant au final. Le côté fantastique, avec ces espèces de
morts vivants lorsqu’ils ouvrent les yeux est un point positif du film. »
Une jeune spectatrice a été très surprise par le film et surtout par la fin,
lorsque tous les acteurs du film, même les cadavres viennent saluer à l’écran
comme au théâtre. Pour Julien, bénévole au Méliès, c’est un effet de
distanciation (Larousse : Expression employée par Brecht pour
désigner l'effet par lequel l'acteur se dissocie de son personnage, afin
d'obtenir du public une attitude critique).
Nous (les blogueurs du Lycée Jacques Monod) avons trouvé ce film très
enrichissant, ne serait-ce que pour notre culture générale, mais aussi pour
nous donner une idée de la vie, parfois très différente dans les pays
étrangers.

Bonfils Benjamin, Déprés Maxime, Bourdalé-dufau
Freddy, Fillon Loïc